Steph Cop – Sculpteur

Steph Cop est un artiste français né en 1968.

A la fin des années 80, Steph Cop fera partie de la première vague du mouvement Graffiti Français, Activiste au sein du groupe « Control of Paris ». Ils se font remarquer entre autre en recouvrant les palissades de la Pyramide du Louvre lors de sa construction en 1986. En 1992, Il participe à la création d’une nouvelle tendance, plus tard définie comme le streetwear, à travers ses marques « Homecore » et « Lady Soul ». En 1998, Steph Cop passe à la représentation physique d’un monde graphique en créant l’un des premiers « Art Toy » avec son personnage Aro.

Aro, qui signifie « Analyse Réflexe Obsessionnelle », se matérialise depuis plus de 10 ans dans des arbres centenaires tombés au cœur de leur environnement naturel, le Parc du Morvan. Cette matière première exigeante nécessite d’être domptée en puissance et en douceur. « Un apprentissage seul et à l’instinct, au milieu des forêts. À force de manipulation, tu fais tes gammes, tu traces, tu coupes, un travail de forçat au paradis, le silence du bruit de la machine au milieu des arbres centenaires ». Chaque pièce prend le temps de se dessiner dans une lente maturation. Une création naturelle qui a presque quelque chose de sacrée, où la main de l’homme n’a fait que suivre les lignes marquées par le temps. Bucheron délicat malgré l’outil peu discret, le rendu est déchirant de sensibilité. Toutes les pièces sont chargées des émotions de son créateur.

Les obsessions de Steph Cop l’ont conduit à créer des œuvres toujours plus monumentales et à varier les supports. En 2012, un chêne géant de 600 ans a été remis sur pieds pour devenir le Aro 5.0, une sculpture de cinq mètres de haut et de sept tonnes, aujourd’hui intégrée à une collection privée.

Aro a également pris vie sur béton, dessiné au fusain. Des oeuvres plus abstraites, d’une puissance brute et douce à la fois que vous pourrez voir lors de l’exposition.
Ce qui m’a vraiment touché dans le travail Steph, c’est l’importance de la confrontation des matières, parfois avec force et bataille, pour donner vie à l’oeuvre.
Pour Wooden Aro – la sculpture en bois, souvent créée au sein même de la forêt, un rapport de force naturel se créé entre l’artiste et la matière, le métal de la tronçonneuse entrant dans le bois dans un vacarme assourdissant, confrontation de l’organique au mécanique via l’homme qui tient la machine.
La création de Aro dessiné sur béton elle, requiert le calme de l’atelier, l’artiste effleurant la matière de la pointe du fusain, du bois, confrontation douce de l’organique au minéral. Il n’y a pas de rapport de force entre l’artiste et sa création ici, mais cette petite phrase surgit alors dans ma tête « J’ai besoin que mes oeuvres soient lourdes »… Ce côté massif des matières de prédilection de Steph Cop, le bois et le béton, leur poids important qui impose de les manipuler avec force, leur donne finalement encore plus de puissance et révèle avec sensibilité nos faiblesses.  « Le conflit en réalité, il est avec soi-même »